Réhabilitation de la Tour Perret
Études et travaux préliminaires

Objectif : Restituer la Tour dans sa fonction de pôle d'orientation, avec
une réouverture au public, un belvédère, une table d'orientation.
Un chantier d'une importance technique, culturelle et financière
nécessitant l'aide d'un comité technique, et de partenaires financiers 
publics et  privés

Analyse de François Botton : Après consultation, François Botton, architecte en chef des Monuments historiques est missionné par la ville en janvier 2019, pour assurer la maîtrise d'oeuvre du projet de réhabilitation selon les directives définies par la délibération du 7 novembre 2016. François Botton a déclaré : "J’ai réuni, et je dirige, une équipe qui comprend un laboratoire et un bureau d’étude structure, ainsi qu’un bureau d’études techniques pour les ascenseurs, un économiste, et des bureaux conseil en recherches documentaires, historiques, culturelles et patrimoniales. Il va falloir déconstruire et reconstruire certaines parties. Il faudra déterminer un curseur pertinent entre la conservation et la restauration/restitution. Ce chantier nourrira la connaissance de la restauration des bétons à l’échelle internationale. J’ai suggéré d’intégrer la Tour Perret dans un programme international qui réunit des laboratoires pour débattre des questions de restauration des bétons qui deviennent cruciales aujourd’hui. De ce point de vue la restauration de la tour Perret est une opération innovante : elle permettra de contribuer à l’évaluation des performances des réparations sur les structures historiques en béton".

Le comité technique : Après diagnostic technique et historique durant l'année 2019, le comité technique propose un chantier-test afin de définir les solutions possibles de restauration, ainsi que de vérifier des solutions techniques identifiées en phase d'étude et de préfigurer le résultat obtenu.

Les armatures en acier, trop peu enrobées par le béton, ont été corrodées par la carbonatation du béton. Les petits cadres rompus, les fers verticaux se sont alors déformés vers l’extérieur, accélérant et aggravant ainsi l’éclatement du béton. Il faudra réparer les armatures et les bétons d’origine, et ralentir le processus de corrosion en passant l’épaisseur d'enrobage des aciers de 2 à 4 cm. Deux solutions ont été envisagées et testées :

 - Augmenter l’enrobage de 2 cm. Procédé peu destructif, mais qui pose un problème de fidélité historique en modifiant les cotes d’origine et un problème technique en augmentant la masse de la Tour.

 - Repousser les armatures verticales vers l’intérieur du pilier de 2 cm pour conserver les dimensions d’origine, mais c'est un procédé destructif et long à mettre en œuvre.

Le chantier test a permis également de mettre au point des bétons de réparation compatibles avec celui d’origine, et de vérifier leurs conditions de mise en œuvre. Deux types de mise en œuvre sont compatibles avec les contraintes du chantier (grande hauteur, besoins d’adhérence et l’aspect recherché)

 - Béton coulé entre un coffrage bois et la structure originelle garantissant un parement identique à initial, mais risque de faible adhérence et de défauts, à évaluer.

 - Béton projeté garantissant une bonne adhésion, mais nécessitant une formulation d'un béton au granulat plus gros, identique à celui d’origine. L'aspect de parement béton brut avec l'impression des fibres de bois du coffrage sera à travailler a posteriori.

 

Les études et analyses complémentaires réalisées suite au chantier test ont permis de définir les techniques de mise en œuvre de restauration, qui consistent à repousser les armatures et utiliser la méthode du béton projeté. François Botton, maître d'oeuvre, et son équipe ont ainsi pu défini l’avant-projet, maintenant examiné au regard de la "Charte internationale sur la conservation et la restauration des monuments et des sites historiques".

Travaux d'Urgence : Début d'année 2021 le chantier test a été interrompu par des travaux de conservation du sommet de la Tour. Fin décembre 2020, des capteurs installés à l'occasion de la restauration du monument ont indiqué des mouvements inquiétants au niveau de la dalle qui supporte l'escalier hélicoïdal. Un ceinturage par des câbles tendus sur les faces extérieures de l'octogone et un buton en tubes d'acier à l'intérieur ont été réalisés dans l'attente des travaux de restauration qui débuteront courrant 2022 pour une durée de deux ans.

Confortement des fondations : Les relevés 3D réalisés en 2019 et des mesures faites en 2020 ont mis en évidence un faux-aplomb vers le sud-ouest, d’environ 25cm, à 60 m de hauteur. Une longueur des pieux insuffisante et pas d’ancrage dans la couche porteuse semblent à l'origine de ce désordre qui sera rattrapé par la technique "Jet Grouting" (forage et injection sous haute pression de coulis à base de ciment).

Définition des usages futurs : pour la définition des usages futurs de la Tour , la  ville a mandaté, en tant qu'Aide à la Maîtrise d'Ouvrage (AMO), le cabinet Maître du Rêve, conseil en stratégie touristique. Lors d’un forum consultatif formé impliquant des association patrimoniales, unions de quartiers, Ligue de Protection des Oiseaux… des projets ont été proposés et examinés. Celui retenu par le comité de pilotage de médiation culturelle et touristique consiste en une visite de l’édifice associée à un parcours documenté dans le parc Paul Mistral. L'ascension aux plateformes se fera par l'escalier ou par ascenseur (avec possibilité de descente à pied) afin de favoriser une approche émotionnelle et sensorielle à l'intérieur de la Tour. Le parcours au sein du Parc Paul Mistral comprend 7 haltes pour enrichir la découverte de la Tour et appréhender l'histoire de la Ville.

Références :
Archives municipales cote 3218 W 400 : Conseil municipal, séance du 07.11.2016: délibération n° 7 -
URBANISME AMENAGEMENT - Projet de réhabilitation de la Tour Perret - Méthodologie et création des instances d'accompagnement du projet.

 

Conférence : "Restauration de la Tour Perret : essais aux limites"

La restauration de la Tour - Grenoble.fr